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TM3NOI : un 'pont' pédagogique
 
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Tags: #Promotion Radioamateur #Formation Radioamateur #Général
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News du 5 août 2015 à 14:00
2015-08-05 14:00:00 Radioamateur.org
Geoffrey, F4FVI, jeune radioamateur de 26 ans, partage son expérience des expéditions sur l'île d
 Geoffrey, F4FVI, jeune radioamateur de 27 ans, partage son expérience des expéditions sur l'île de Noirmoutier qu'il voit comme un "pont" pédagogique pour l'amélioration personnelle des connaissances et des pratiques dans le monde du radioamateurisme.



Très bien écrit, cet article qu'il destine "à la jeunesse et aux radioamateurs débutants", vous est livré en intégralité ci-dessous.



Profitons-en pour annoncer TM4NOI qui est prévu cette année pour les 13 (soir uniquement) et 14 août 2015.








Place à Geoffrey, F4FVI :










TM3NOI Expédition à l'île de Noirmoutier 2014
Un “pont” pédagogique pour l'amélioration personnelle des
connaissances et des pratiques dans le monde du radioamateurisme



 
 
                                           




Bonjour à tous. Je m'appelles Geoffrey et j'ai 26 ans. Je vis dans le nord de la France. J'ai commencé la radio à l'âge de 13 ans avec une « C.B. ». Après quelques années à apprendre les bases de la radio sur 11 mètres, j'ai obtenu ma licence novice en 2008 avec l'indicatif F0FVI qui me permettait de transmettre en VHF et de rentrer en contact avec de nombreux radioamateurs. Durant un an j'ai suivis les cours pour obtenir la licence technique au Radio Club F6KRS. Grâce à l'expérience acquise au Radio Club, en VHF et sur la « C.B. », j'ai obtenu ma licence technique en 2009 avec l'indicatif F4FVI. Mes principaux domaines d'intérêts sont le DX en HF, les antennes, l'étude de la propagation, l'APRS (HF, VHF, ISS), les IOTA ainsi que l'ATV sur 1.2GHz. De retour depuis l'île de Noirmoutier (TM3NOI), je reviens sur l'expérience que j'ai acquise là-bas.


Depuis 2008, j'active l'île de Noirmoutier une fois par an, en été. Deux fois sur les fréquences « C.B. » puis sur les bandes de fréquences radioamateurs, une fois en /P (portable) et quatre fois avec des indicatifs spéciaux (TM0NOI, TM1NOI, TM2NOI et TM3NOI). L'île de Noirmoutier se situe dans l'océan atlantique, au sud de la Bretagne au sein de la région des Pays de La Loire, au large du département 85 : la Vendée.

Cette île a beaucoup d'avantages ; il est possible de s'y rendre par le pont ou bien par le gois (passage dans la mer à marée basse) ; de plus, l'île de Noirmoutier fait partie du groupe IOTA EU-064 (Island On The Air ; EU pour EUROPE), référence octroyée par la Radio Society of Great Britain, ce qui procure à cette île, très proche du continent, un intérêt certain sur l'air. Bien sûr, l'île de Noirmoutier n'est pas un « most wanted » DXCC (c'est-à-dire l'une des contrées les plus recherchées), mais l'expérience montre que chaque activité est un succès et que les cahier de trafic sont bien remplis.



Deuxièmement, l'île compte environ 10 000 habitants et mesure 49Km 2 , superficie permettant assez facilement de trouver un petit espace pour installer une station en portable. De plus, l'île est principalement composée de marais salant qui -ajouté au fait que l'île soit entouré d'eau salée- sont excellents pour les antennes verticales par exemple.

Pour toutes ces raisons, l'île de Noirmoutier peut être un tremplin éducatif et ludique pour l'amélioration personnelle des connaissances dans le radioamateurisme pour les débutants et plus spécifiquement pour les jeunes radioamateurs.

En effet, l'île est attractive tout d'abord pour des raisons économiques, le fait qu'il ne soit pas nécessaire de prendre un bateau pour la rejoindre permet d'économiser de l'argent ainsi que d'éviter aux opérateurs un certain nombre de difficultés matérielles une fois sur place.


Ensuite, aller à Noirmoutier pour une expédition est formateur dans le sens où il est nécessaire de penser au matériel qui sera nécessaire sur l'île, car une fois sur place, les opérateurs se retrouvent seuls, bien entendu dans une moindre mesure à Noirmoutier car il est toujours possible de recevoir de l'aide des radioamateurs du continent ou de ceux qui vivent sur l'île très rapidement ; c'est aussi l'une des raisons pour lesquelles l'île de Noirmoutier peut être un lieu d'apprentissage pour les radioamateurs débutants. En effet, s'y rendre implique au préalable de prévoir tout le matériel nécessaire une fois sur place : les antennes, les mâts, les postes de radio, les alimentations et dans dans un cadre plus large à penser à la nourriture, au logement, aux restrictions et aux relations avec les autorités locales.









Pour aller plus loin dans les avantages qu'offre Noirmoutier pour le développement des connaissances du radioamateur novice, transmettre depuis cette référence IOTA est assez différent d'une transmission depuis son propre QTH d'origine. Une fois là-bas, vous êtes la station recherchée et il faudra être capable d'appréhender différents types de « pile-up » (C'est-à-dire un grand nombre d'appel au même moment). C'est aussi en ce sens que ce genre de petites expéditions est formatrice car cela permet d'apprendre à gérer un grand flux d'appel radio assez rapidement ; tout en démontrant l'importance de savoir bien écouter, tant pour la station sur l'île que pour les stations souhaitant contacter l'île. En fonction de l'importance et des caractéristiques du « pile-up », différentes solutions s'offrent à nous pour trouver la réponse la plus adaptée à cette forte affluence d'appel en fréquence ; par exemple, pour un petit « pile-up », réussir à entendre une ou deux lettres d'un indicatif sera suffisant pour permettre de sélectionner une station, pour un « pile-up » plus important, il est possible de le diviser par zone (par exemple, pour un « pile-up » espagnol ou autrichien, zone 1, 2 etc... car leurs indicatifs s'organisent de manière territoriale (Ce fut particulièrement efficace lorsque j'ai eu un « pile-up » espagnol sur 40 mètres pendant près d'une heure lors de TM2NOI) ou encore par numéro dans l'indicatif pour des « pile-up » français ou internationaux (« Indicatifs avec le numéro deux...). Enfin, pour de très importants « pile-up » il peut être nécessaire d'utiliser le système du « split », c'est-à-dire transmettre sur une fréquence et écouter sur une petite plage de fréquence différentes ; « QRZ, de 5KHz à 10KHz en dessus/en dessous). Sur l'île de Noirmoutier, j'ai souvent divisé les « pile-up » par numéro.
















Être capable de gérer un « pile-up » est aussi synonyme de réussite à donner au plus grand nombre sur Terre la chance d'être dans le carnet de trafic, c'est un point que j'ai appris cette année. Alors que j'étais en plein milieu d'un important « pile-up » européen, j'ai entendu une très faible station appeler désespérément en criant dans son micro «please listen South America ». J'ai alors demandé « Please Europe stand by, QRZ outside Europe » et j'ai contacté une station QRP brésilienne avec un signal de 4 ainsi que quelques stations nord américaines et japonaises dont les signaux étaient alors trop faibles pour passer à travers les très nombreux appels européens qui arrivaient, quant à eux, avec parfois de 20 à 30db au dessus d'un signal de 9 ! Pour toutes ces raisons, il est très formateur de faire une petite expédition comme TM3NOI pour apprendre à trafiquer sur l'air et comprendre l'importance de l'écoute pour garder la fréquence la plus propre et la plus agréable possible.



















Toutes ces raisons ne sont pas les seules qui permettent un apprentissage du radioamateurisme ; en effet, mettre en place ce type d'activité permet aussi de constater par soi-même et de découvrir comment fonctionne la propagation des ondes radios en HF (hautes fréquences de 3MHz à 30MHz). À chaque fois que je me suis rendu à Noirmoutier, j'y suis resté plusieurs jours durant l'été. Seul ou avec d'autres radioamateurs, choisir la bonne fréquence au bon moment est important, encore une fois, pour permettre au plus grand nombre d'être inscrit dans le carnet de trafic et, par la même occasion, de remplir ce dernier. Si la bande des 28MHz nécessite une bonne propagation pour être entendu, le 21MHz et le 17MHz sont des fréquences où il possible de trafiquer assez facilement principalement durant la journée avec de bonnes opportunités de DX (contact à longue distance) avec l'Asie et le Moyen-Orient (21MHz) ou encore l'Europe de l'Est (17MHz). Le 14MHz est, quant à elle, une fréquence presque fonctionnelle en permanence, mais en fonction de la partie du monde que vous souhaitez contacter, il faudra jongler avec les fuseaux horaires. Durant la journée, le 14MHz permet notamment des contacts avec l'Europe alors que durant la nuit ce sont les stations américaines qu'il est plus facile de contacter. Il peut donc être très intéressant de faire des aller-retour sur le 14MHz durant la journée pour obtenir le meilleur de la propagation de cette bande. Le 7MHz permettra de contacter des stations locales (de 350Km à 1500km) en fonction de l'heure, exactement comme pour le 14MHz mais dans une aire géographique plus restreinte. Le 3.5MHz est assez différent pour diverses raisons, tout d'abord, au niveau technique, car les antennes commencent à être très grandes et, en /P, souvent trop proche du sol ; mais cela peut-être contrebalancé par la bonne réflexion de l'eau salée près de la côte ; d'un point de vue physique, le 3.5MHz a aussi le désavantage de ne fonctionner que la nuit, période très courte en été et la bande est très bruyante de surcroit. Des communications sur le 1.8MHz sont encore plus difficiles à mettre en œuvre pour les même raisons que le 3.5MHz mais à une plus grande échelle ; il est possible d'utiliser cette bande ponctuellement pour les stations contactées sur 3.5MHz qui souhaitent confirmer le IOTA sur 1.8MHz si l'équipement n'est pas adapté. Être actif durant une journée et une nuit complète sur l'île de Noirmoutier montrera de manière claire aux nouveaux radioamateurs l'évolution de la propagation des ondes radio en fonction de l'heure ; c'est une expérience très formatrice.


L'ensemble des éléments évoqués précédemment sont formateurs du point de vue de l'activité sur l'île de Noirmoutier, mais organiser une telle expédition nécessite de plus amples préparations que la préparation basique du matériel radio pour que l'expédition soit un succès. En effet, une activité radio doit être organisée longtemps à l'avance. Pour devenir une station « recherchée », il faudra dans un premier temps publier l'information concernant votre activité suffisamment à l'avance sur différents réseaux d'informations. Un ou deux moins avant l'expédition semble être un délai raisonnable. L'information peut être diffusée par les canaux traditionnels comme les bulletins hebdomadaires ou mensuels des associations nationales radioamateurs ou sur internet via des blogs, des site internets spécialisés dans le DX etc. Le plus important étant de créer une page internet dédiée à l'activité, par exemple ce fut le cas pour TM3NOI sur QRZ.com, interface gratuite et efficace, où les radioamateurs trouveront l'ensemble des informations nécessaires, comme la situation géographique de l'île, le locator, l'équipement utilisé, le prénom de l'opérateur, les informations concernant la QSL (via bureau, directe, électronique, carnet de trafic en ligne...).


Tout ceci nous amène à prendre en considération aussi la gestion « post-expédition » des QSL (accusés de réception des contacts établis) qui arrivent par internet, courrier ou le bureau. Les QSL électroniques sont les plus rapides et les plus faciles à gérer grâce à eQSL ou LoTW (LogBook of the World) car elles sont gratuites et les opérateurs les reçoivent immédiatement. Concernant les QSL, ma plus grande erreur pour TM1NOI et pour les activités précédentes fut mon manque d'informations et/ou d'instruction données aux opérateurs : je recevais de nombreuses QSL en direct sans adresse pour le retour, ce qui m'a fait perdre beaucoup de temps. Donc, depuis ce temps-là, une politique très efficace est de demander, sur le site de l'expédition, que pour les QSL directes il soit joint une enveloppe auto-adressée avec une contribution de 1 ou 2$ dans le but de couvrir les frais postaux, en particulier pour le long courrier. Par exemple, pour TM2NOI, j'ai reçu plus de 150 QSL directes des États-Unis d'Amérique, à 1.20€ le retour QSL cela représentait un total de 180€... Avoir des instructions claires vous permettra de gagner du temps ainsi qu'une meilleure gestion des QSL. En effet, la gestion des QSL est aussi un aspect important ; comment les remplir ? Au stylo, à l'ordinateur ou avec des autocollants ; et dans le cas de l'usage de l'informatique, quels logiciels utiliser ? Une autre erreur fut de croire que j'allais recevoir toutes les QSL en même temps, mais j'étais loin de la vérité. Je reçois encore aujourd'hui des QSL de 2008 !


Traverser le pont qui connecte l'île de Noirmoutier au continent pour une expédition radio permet en définitive de se projeter littéralement dans une nouvelle dimension du radioamateurisme pour les débutants ou les jeunes radioamateurs. Il s'agit réellement d'un tremplin pour l'apprentissage des différents aspects de ce passe-temps, d'un point de vue technique (le matériel...), en passant par les considérations scientifiques (antennes, propagation...) sans oublier l'apprentissage au trafic sur l'air (heure, équipe, bande, pile-up...) ; mais la chose la plus importante à découvrir c'est la beauté de l'esprit OM (l'esprit d'entraide et de partage) pendant ce genre d'évènement et, surtout, de prendre du plaisir !





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Geoffrey F4FVI